samedi 8 août 2026

Détestation d'Emmanuel Macron: Tentative d'analyse.

 

J’ai souhaité réfléchir au fait que Emmanuel Macron a été le président le plus détesté (beaucoup notamment sur les réseaux sociaux ont manifesté une véritable haine). Comment expliquer cette détestation qui, au passage, a fait écrire souvent n’importe quoi. Ceux qui par exemple ont mis en doute son intelligence n’ont pu que m’étonner. On peut, sans doute critiquer mais dire que cet homme manque d’intelligence est complétement absurde.

Ce qu’il y a de certains c’est que dans un premier temps il a enthousiasmé par sa volonté de changer le monde politique et de mettre fin à des luttes de postures en montrant bien qu’il n’y avait, au fond, pas grande différence entre la gauche de gouvernement, le centre et la droite républicaine. Tous ces partis exagéraient leurs différences mais si on veut bien réfléchir tous acceptaient l’économie de marché et refusaient donc toute politique collectiviste et étatique dont l’histoire avait montré la faillite. Sur le plan des mœurs la gauche sentait mieux les évolutions sociales mais centre et droite républicaine ne revenaient jamais sur les grandes réformes : l’avortement, le divorce par consentement, le pacs puis le mariage pour tous et l’abolition de la peine de mort !

Cette idée que les Français voulaient être gouvernés au centre et qu’ils rejetaient les extrêmes était vraie et est toujours vrai, mais j’ai, déjà en 2023 montré que ce en « même temps » était une idée qui avait ses limites car si le pouvoir est toujours au centre (gauche de gouvernement, centre et droite républicaine) alors il n’y a plus d’alternance possible alors que l’alternance est la respiration nécessaire de la démocratie.

 

Après cette analyse du système politique d’Emmanuel Macron passons en revue rapidement ses deux quinquennats.

Je dirais d’abord que nul ne peut contester le fait qu’il ait rempli très honorablement ses missions de représentation du pays tant en France qu’à l’étranger et qu’il n’a pas mesuré ses efforts.

Sur le plan international il s’est montré à la fois lucide et efficace et je crois que jamais la France n’a eu une action plus efficace, notamment en Europe ou depuis le début il s’est efforcé d’amener les autres pays à plus d’unité et d’indépendance. Il est vrai qu’il a été beaucoup aidé sur ce point par les dérives de Poutine et de Trump mais qu’il a su remuer les pays.

Dans le domaine militaire il a fait ce qui était nécessaire en présence de l’évolution des choses.

Sur le plan économique il a voulu d’un pays ouvert aux entreprises. Préfèrerait-on que les entreprises aillent ailleurs et que celles qui le peuvent quittent la France ? Peut-être peut-on lui reprocher sur ce terrain d’être allé un peu trop loin sur le plan fiscal.

Sur le plan des questions de sociétés il a sécurisé un certain nombre de textes en les intégrant à la Constitution (avortement, peine de mort...) et je pense que c’était sage : compte tenu des évolutions possibles du pouvoir.

Il a ouvert de nouveau droit et notamment celui de permettre à chacun de choisir de refuser les douleurs insupportables et les agonies cruelles et sans fin. D’autres pays en Europe avaient déjà fait ce pas et je lis que la droite si elle revient au pouvoir ne reviendra pas sur cette réforme qu’elle mettra simplement « sous contrôle » !

Dans ce pays chacun mesure que des reformes sont absolument nécessaires et qu’un rétablissement des comptes publiques est indispensable. Le coût des emprunts est aujourd’hui énorme et limite considérablement les marges de manœuvres. Il a échoué sur cette question pourtant fondamentale mais que pouvait-il faire avec la composition de l’Assemblée ? Certes on peut juger qu’il a eu tort de dissoudre mais les élus que les Français ont envoyé siéger à l’Assemblée ont rendu toute politique impossible. Est-ce sa faute ?

Ainsi quant on analyse cette période politique on a du mal à comprendre la détestation d’une partie des Français contre Macron et personnellement je n’arrive pas à la comprendre. Il est vrai que les populistes qui ont toujours des réponses péremptoires, simples et sans nuance aux problèmes pourtant complexes facilitent les jugements à l’emporte pièce et les commentaires de chacun sur les réseaux sociaux ne vont pas, non plus, c’est le moins que l’on puisse dire vers l’objectivité et la nuance.

Ceci dit Emmanuel Macron a terminé ses mandats. Peut-être viendra le jour où on le regrettera mais aujourd’hui les Français sont face à une situation difficile. S’ils vont vers la facilité, l’absence de nuance, le refus de voir la complexité des problèmes. S’ils suivent les partisans du « Ya qu’à » ils iront alors, peut -être, vers les extrêmes de droite ou de gauche et ils en paieront rapidement le prix.

En dehors de ces hypothèses absolument funestes il conviendrait que cette grande masse des gens de la gauche de gouvernement, du centre et de la droite républicaine prennent conscience du réel danger et dans un souci d’efficacité et de défense des intérêts du pays réussissent à s’unir et à présenter un front commun.

C’est difficile mais dans certaines circonstances tous ces politiques ne peuvent-ils réussir à se dépasser dans l’intérêt vital du pays ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche 14 juin 2026

Claudie Gallay : Les jardins de Torcello

 Je ne pouvais pas passer à côté de ce roman qui se déroule à Venise et sur l'île voisine de Torcello. Jess est une jeune femme qui a connu un grand malheur dans sa vie personnelle et elle a quitté la France pour s'installer à Venise et , à Venise dans un quartier que je connais très bien et qui l'est cher: La Giudecca. Elle vit dans un appartement qui donne sur le Canal avec Venise  en face et elle gagne "petitement" sa vie en organisant des promenades pour touristes.

Un jour elle va visiter Torcello une des îles de la lagune, une île qui fut la première habitée par ceux qui bâtirent Venise et elle va être recruté par un avocat, Maxence, qui a besoin que l'on classe ses dossiers.

Le roman est l'histoire de cette relation singulière entre cet avocat, son amant , un domestique qui est un ancien client de l'avocat et une voisine une vielle dame qui survit dans cette ile désertée par ses habitants.

L'avocat et son ami ont un rêve recréer les jardins anciens depuis longtemps disparus et c'est l'occasion pour le roman de nous raconter les jardins de Venise.

Une partie du roman est aussi consacrée à l'examen des rapports de l'avocat avec ses clients et de son rôle de défenseur.

On assiste tout au long des pages à l'évolution des sentiments des protagonistes .

J'ai aimé parce que d'abord j'ai retrouvé Venise et beaucoup d'endroits que je connais mais aussi par ce que ce roman nous dit de ce qu'il faut pour défendre lorsque l'on est avocat.

lundi 8 juin 2026

André Brink: Une saison blanche et sèche.

Ce roman a été publié en 1973 et il a connu un très grand succès. Tout se passe en Afrique du Sud au temps de l'apartheid dont on sait les abus et les crimes. Un enseignant est révolté par la mort de Gordon , un noir qu'il employait et avec lequel il avait des relations très cordiales. Il avait même financer les études du fils de cet homme. Le malheur commence lorsque ce jeune noir est tué à la suite des émeutes de Soweto , tué ,non pas dans les manifestations mais tué par la police spéciale après avoir été torturé. Son père va se livrer à une enquête pour connaître les circonstances de la mort de son fils mais dans ce régime d'apartheid, raciste et violent il sera lui-même tué, après avoir été aussi torturé par la police.
L'enseignant est, évidement choqué par cet assassinat et ces tortures et le roman est le récit de sa lutte pour faire éclater la vérité.
Mais dans un régime de ce genre ce genre de lutte est quasiment impossible et cet enseignant, héros du roman, sera lui aussi victime d'un assassinat. L'intérêt du roman est de montrer comment de telles injustices peuvent être commises par la police, comment la Justice est complice et comment beaucoup des citoyens par lâcheté se détourne du combat de cet enseignant et , loin de le soutenir, font tout pour s'opposer à cette recherche de la Justice.
Ce combat détruit sa famille mais cet homme résiste car il a pris conscience de l'injustice fondamentale qui règne dans ce pays.
Nous avons à faire à un Juste courageux comme il s'en lève quelques fois au milieu de beaucoup de renoncements et de lâchetés.
Ce livre m 'a rappelé le très beau roman  de Lee Harper :Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. Comme ce roman , une saison blanche et séche a été porté à l'écran.

lundi 1 juin 2026

Jack London : Martin Eden

 Après avoir vu un documentaire sur la vie de Jack London sur Arte je viens de terminer la lecture de Martin Eden. Dans sa préface Philippe Jaworski écrit qu'il ne faut pas voir dans ce livre une "autobiographie " de Jack London. Ce qui est sûr c'est que ce n'est pas qu'une autobiographie même si on y trouve beaucoup d'épisodes de la vie de l'auteur. C'est surtout un livre qui amène à réfléchir sur les déterminismes sociaux, sur la difficulté de changer de milieu social et c'est aussi un très bel hommage à la littérature et une très belle description de ce qui fait un véritable écrivain.

Dans la première  partie on à à faire à un jeune homme doué tant sur le plan physique qu'intellectuel mais

jeudi 6 novembre 2025

Laure de Chantal : Yourcenar avant les autres. Stock. 2025

 



Laure de Chantal, agrégée de lettres classiques, explique qu’elle a depuis son plus jeune âge, eu une relation particulière avec Marguerite Yourcenar. Son père, en effet, préparait une thèse sur l’écrivain et partageait ses découvertes, ses coups de cœur avec sa fille. Elle n’a cessé depuis de lire et de relire l’œuvre de Marguerite Yourcenar que visiblement elle maîtrise totalement.

Dans ce livre, elle raconte ce lien affectif et intellectuel au travers de lettre qu’elle adresse aujourd’hui à l’écrivain disparu.

Ce livre n’est pas une biographie même si des épisodes de la vie de Marguerite Yourcenar sont évoqués. C’est une promenade dans la vie, l’œuvre et les engagements de cet écrivain.

De nombreuses pages sont consacrées à ce goût des voyages qui a été celui de l’écrivain et qu’elle doit aux premiers voyages effectués avec son père Michel. Elle a, par la suite, fait toujours de longs voyages en train et en bateau n’ayant jamais pris l’avion. Elle était curieuse de l’ailleurs et elle pensait que l’on devait faire dans sa vie « le tour de sa prison ». Elle a voyagé jusqu’à ces derniers jours et avait en tête quelques autres voyages.

Malgré ce goût des voyages, elle s’est installée avec sa compagne Grace Frick dans un lieu éloigné de tout, dans l’île préservée de Mount Désert dans l’Etat du Maine ; et elle y a été retenue, une partie de sa vie, par la maladie de sa compagne.

C’est probablement dans ce lieu où elle menait une vie sobre et simple qu’elle a forgé ses idées écologiques, devenant une militante active de cette cause.

Elle sera également (mais cela va ensemble) un soutient de la condition animale. Il y a, d’ailleurs, à ce propos le rappel de quelques pages bouleversantes qu’elle a écrites sur les origines de cet amour pour les bêtes. (p. 249 à 252 ) Elle sera jusqu’à la fin de sa vie une militante très active de la protection animale. On lira la lettre émouvante qu’elle adresse à Brigitte Bardot au sujet des bébés phoques. ( p. 225 )

Le livre nous montre qu’elle a été aussi, à sa manière, une militante 

mercredi 17 septembre 2025

Mauriac et Camus de Jean Valère Baldacchino

En visitant le domaine de Malagar ancienne propriété de la famille Mauriac dans la lande Girondine j'ai trouvé à l'accueil ce livre paru récemment aux Editions Balland.

Lecture faite je suis un peu déçu par cet essai qui ne nous apprend pas grand chose , qui contient beaucoup de développements assez inutiles et qui ne permet aucune vue claire des rapports de François Mauriac et de Camus.

La première partie a consisté pour l'auteur à décrire les mécanismes de choix du prix Nobel de Littérature. On y apprend rien que l'on déjà lu et relu dans tous les journaux qui évoquent le Prix Nobel.

Puis l'auteur se livre à une comparaison entre les deux œuvres mais il le fait en décomptant le nombre de livres, de pièces de théâtres , d'essais comme si le nombre avait ,ici , un quelconque intérêt. Que Mauriac ait écrit de très nombreux romans alors que Camus n'en a écrit que deux ne nous dit absolument rien de l'importance de l'un ou de l'autre!

Pour le reste lorsque l'auteur aborde le fond tout dans ce qu'il écrit est assez banal et, enfin lorsqu'il nous livre une comparaisons schématiques de tous les prix Nobel qui ont été décernés à cette époque il y a ,là, du remplissage  plus qu'autre chose.

Livre décevant donc.

vendredi 29 août 2025

Sylvie Le Bihan : L'ami Louis

 Dans ce livre qui se présente comme un roman l'autrice nous raconte la vie de Louis Guilloux, écrivain connu ,qui a vécu toute sa vie à Saint Brieuc et son amitié avec Albert Camus.

Celle qui parle dans ce livre est, elle-même, originaire de Saint Brieuc ,la ville de Louis Guilloux mais elle a complétement rompu avec sa famille et est allé vivre à Paris puis en Angleterre. Elle songe a écrire sur ce conflit familial, un passé qu'elle ne connaît pas vraiment mais qui la mine. 

A Paris elle entre au service de Bernard Pivot et  est chargée de l'aider dans la préparation de son émission célèbre : Apostrophes. Bernard Pivot la charge notamment de la préparation d'une émission consacrée à Albert Camus et de  trouver pour cette émission des amis de l' écrivain . René Char décline et ne veut pas participer et l'oriente vers Louis Guilloux.

Elle nous raconte alors sa prise de contact avec Guilloux et la belle relation qui s'installe entre eux. Le roman est avant tout une évocation de la vie et de la personne de Louis Guilloux. C'est l'occasion de revenir sur la vie de ce milieu littéraire à Saint Germain des Prés et l'on croise beaucoup des écrivains de ce temps là, on assiste à leurs rencontres, aux débats qui agitaient ce temps.

C'est un très beau portrait de Louis Guilloux qui donne envie de relire cet écrivain. L'amitié de Louis Guilloux et d'Albert Camus est longuement décrite et l'on comprend combien ces deux écrivains se sont appréciés, eux qui venaient d'un milieu très modeste, Guilloux le fis d'un petit cordonnier et Camus le fils d'une femme de ménage .Ils étaient un peu en, dehors du cercle des intellectuels de Saint Germain des Prés.

Au total un beau roman ou s'emboitent la vie de la narratrice, la vie de Louis Guilloux et celle de Camus.